Archive for février 2008

Bettina Laville à Toulouse

février 14, 2008

Bettina Laville

Sauvons l’Europe – Collectif Haute-Garonne
organise une rencontre-débat
« Comment la présidence française peut redynamiser l’Europe après l’adoption du traité de Lisbonne ? »
avec Bettina Laville, conseiller d’Etat en disponibilité, présidente du club Convictions et vice-présidente de « Sauvons L’Europe. »

Jeudi 3 avril 2008 à 20h00,
salle Castelbou,
à proximité de la Place Arnaud Bernard,
22, rue Léonce Castelbou à Toulouse,
Métro : Compans Caffarelli.

Conseil d’Etat, IEP de Paris, docteur en Lettres, ENA. Ancien directeur de cabinet du ministre chargé de la Francophonie, puis directeur de cabinet du Ministre de l’Environnement, Brice Lalonde, est devenue conseiller pour l’Environnement du Premier Ministre, Pierre Bérégovoy jusqu’en 1993. Elle assure la préparation de la Conférence de Rio. Elle rejoint ensuite la Présidence de la République jusqu’en mai 1995, comme Conseiller, chargée de l’environnement et du développement durable. En 1997, elle est chargée de l’aménagement du territoire et de l’environnement jusqu’à 2001. Fondatrice de l’association Vraiment Durable, elle siège au Conseil d’administration de plusieurs ONG oeuvrant pour le développement durable (4D, Académie du développement durable et humain, Terrafonda, Comité 21 dont elle est Présidente d’honneur) et collabore à diverses revues. Membre de la délégation officielle du Sommet de Johannesburg 2002 sur le développement durable, elle s’attache, par ses écrits et ses engagements, à faire émerger et appliquer les principes et politiques de développement durable qui auront un impact véritable sur les équilibres environnementaux, économiques et sociaux.

Bibliographie : Manifeste pour l’environnement au XXIème siècle en collaboration avec Jacques Leenhardt, Actes Sud.

Rencontre avec Jean-Luc Forget

février 13, 2008

Jean-Luc Forget

S’il existe des signes qui témoignent de l’attention d’un candidat à ses concitoyens, Jean-Luc Forget n’en ait pas avare. Sa permanence nous accueillit avec chaleur, le candidat était ponctuel et à aucun moment il ne nous fit part de la pression d’une agenda débordant. Il n’y a rien de pire que des politiques qui vous reçoivent entre deux portes en arguant d’un agenda de sous-secrétaire d’Etat. C’est donc à mille lieux des archétypes locaux que le candidat démocrate nous fit part de son engagement européen. Il ne le détache pas d’un attachement à l’institution régionale. Depuis 1978, il s’est fait l’avocat de la région et de l’Europe en rejoignant le mouvement centriste à rebours d’une tradition familiale gaulliste.

En ce qui concerne le traité de Lisbonne, Jean-Luc Forget aurait voté favorablement à la révision constitutionnelle et à la ratification. Néanmoins, il regrette que l’adoption par la voie parlementaire, parce qu’il craint qu’elle éloigne toujours plus le citoyen des institutions européennes. Il aurait donc préféré un referendum. Mais s’il avait été au Congrès et à l’Assemblée, il aurait voté deux fois « oui ».

Sa perception est qu’il ne faut pas réduire l’ambition européenne à une dimension économique. Tous les programmes municipaux revendiquent l’ambition de faire de Toulouse une grande métropole européenne, compétitive dans ce cadre. Or, cette compétition économique ne peut se réduire à une concurrence européenne, elle a aussi pour cadre la mondialisation dans tous ses aspects. Pour Jean-Luc Forget, il est donc urgent de « redonner une âme » à l’idée européenne : L’Europe doit être également pratique et se concrétiser dans les domaines sportifs, culturels, solidaires, éducatifs, environnementaux.

Un maire engagé pour l’Europe est, à ses yeux, un maire qui s’exprime au quotidien sur les sujets européens. C’est aussi celui qui présente la politique européenne comme un objectif et non comme une contrainte. Il lui semble que faire de Toulouse une ville exemplaire en matière de politique sur l’environnement en serait pour le prochain mandat une bonne illustration.

Si l’opinion publique toulousaine lui semble acquise à la cause européenne, il estime que la gestion de la ville est dominée par un certain parisianisme et de un attentisme nuisible. Quatrième ville de France, Toulouse est à la remorque de Montpellier et Bordeaux, car elle n’a pas intégré des réseaux à dimension européenne et n’est pas défendue. Son enclavement ferroviaire est, du point de vue européen, une catastropheSon exclusion du gotha des villes européennes sera difficile à surmonter. C’est le résultat de la structure administrative française, mais aussi de l’absence d’une promotion voulue et organisée, associant agglomération de Toulouse et région Midi-Pyrénées pour vanter la qualité de ses laboratoires, de ses universités ou de ses entreprises (et- pas seulement l’aéronautique) au travers d’un lobbying à Bruxelles et d’un renforcement des liens européens régionaux. Au-delà de l’obtention de la chaîne d’assemblage de l’Airbus par Dominique Baudis, il n’y a plus d’affirmation d’une ambition européenne.

Chacun sait enfin que pour la candidature culturelle de 2013, le contenu du dossier ne tient pas route et qu’il faudra après les municipales le reprendre pour lui donner une autre dimension. Sur la question des jumelages, Jean-Luc Forget souhaite que la ville fasse preuve d’une stratégie. Son expérience de bâtonnier du barreau de Toulouse l’a convaincu qu’il ne faut pas se disperser : il est préférable de faire mieux que plus et de privilégier quelques choix pertinents plutôt que prestigieux. Un vrai partenariat avec Saragosse est préférable à un jumelage avec Barcelone, déjà fortement sollicitée. Il juge que le travail en réseau, peu pratiqué par les élus toulousains, est avantageux, car il intègre un mécanisme de gouvernance européen. Il propose également une action spécifique en direction des étudiants ERASMUS. Pour l’instant, la ville n’agit pas assez à son goût en direction des étudiants européens accueillis comme des toulousains qui s’expatrient le temps d’une année universitaire.

Pour résumer, Jean-Luc Forget est un Européen qui ne met pas son drapeau fédéraliste dans sa poche. Il souhaite innover en matière de promotion de la ville auprès des institutions européennes. Il pense que lorsque l’on « construit l’Europe à l’envers, » ce qui est le cas lorsque les choses sont faites dans la précipitation et sans méthode. Il se dit persuadé d’être élu en mars prochain et nous a déjà donné rendez-vous au Capitole.

NB : Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc n’ont pas donné suite à nos demandes de rendez-vous ni même répondu par une lettre. Nous ne pouvons que le regretter.