L’Europe doit-elle avoir peur de l'immigration?


extrait de la Voix du Midi – n° 6646 – jeudi 17 janvier 2007

Opinions

Hugues Bernard est le secrétaire du collectif Haute-Garonne de l’association «Sauvons l’Europe». Son opinion sur l’entrée des nouveaux pays dans l’UE.

LE 1erJANVIER 2007 a connu l’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie. Certaines craintes se sont exprimées vis-à-vis des minorités migrantes, notamment sur les communautés noms. Les politiques menées par l’Union européenne à leur égard visent â garantir une plénitude de droits, conformément aux principes de l’Union et de la Communauté européennes et, plus précisé­ment, aux dispositions pertinentes de la charte des droits fondamentaux, notamment celles relatives au principe de non-discrimination.

En termes de franchissement des frontières, les adhésions précédentes n’ont pratique­ment rien changé par rapport â la situation antérieure, dans la mesure où les ressortissants des nouveaux États membres, sans naturellement distinction d’aucune sorte, n’étaient déjà plus soumis à l’obligation devisa et où, d’autre part, ces pays ne sont pas encore membres à plein titre de l’espace Schengen.

Un rapport de la Commission sur la mobilité des travailleurs dans l’Union européenne après 2004 montre que les marchés de l’emploi sont restés stables après I »élargissement par rapport aux deux années précédentes, avec une augmentation ,modérée de 0,1 chaque année au Royaume-Uni et un doublement en Autriche pour atteindre 14%. Les flux ont été indépendants des mesures transitoires et n’ont pas entraîner d’éviction des travailleurs, car ils ont comblé des vides sur les marchés de l’emploi, avec des permis de travail délivrés souvent pour des emplois de courte durée ou saisonniers.

Les « plombiers polonais » n’ont pas submergé nos marchés du travail, y compris dans les pays ayant complètement ouvert leurs frontières aux travailleurs salariés, et Ia France a décidé d’ouvrir son marché du travail à certaines professions, dont le bâtiment. Les nouveaux pays membres n’ont pas tiré l’Europe sociale vers le bas, comme en témoigne le compromis atteint sur l’ex-directive Bolkestein sur les services, qui vient d’être adoptée.

Comment sauver l’Europe des nationalismes

Pour cela, il est urgent que les Européens s’expriment, débattent et fassent connaître leurs souhaits. Faire de l’Union européenne un bouc émissaire est irresponsable et suicidaire. Toutes les décisions appliquées en France sont décidées par les gouvernants et le Parlement français. Les candidats ont le devoir d’aller à la rencontre de la société civile, à propos de l’Europe en assumant les responsabilités qu’ils ont exercées sur ce registre. Le courage politique consiste à expliquer aux Français que, seuls,ils sont impuissants dans le monde d’aujourd’hui. Le courage politique consiste à expliquer à nos concitoyens les atouts – un espace pacifié de zoo millions d’habitants – et ses vertus – l’union fait la force – de l’Union. Le courage politique consiste â démontrer en quoi l’Union est un point d’appui majeur pour résoudre nos problèmes,dés lors que nous faisons aussi les efforts pour balayer devant notre porte et rechercher avec les autres des compromis dynamiques. Le renouveau de confiance dans l’Europe ne se construira pas sur les petites habiletés politiciennes et le silence.

Pour répondre aux préoccupations des citoyens sur le rythme de l’élargissement, il est nécessaire de construire un nouveau consensus sur l’élargissement, basé sur deux principes:d’abord, défendre l’intérêt stratégique de l’Europe qui est d’étendre et de consolider l’espace de paix, de liberté et de prospérité,et donc de respecter les engagements pris; ensuite, s’assurer dans le même temps que l’Union, à tout montent, maintient et développe sa capacité de décision et d’action, à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur de ses frontières. Le traité constitutionnel européen avait â une double ambition :

– Établir le plus juste équilibre entre le nombre d’États membres et la taille de leur population dans les mécanismes de décision à la majorité qualifiée, de manière â éviter le blocage d’un ensemble démocratique de 450 millions d’habitants dans lequel des pays peu ou moyennement peuplés devenaient largement majoritaires en nombre,

– Développer une union politique à côté de l’union économique et monétaire de manière que l’Union européenne marche sur deux jambes et acquière une influence politique internationale à la mesure de sa puissance économique.

Il est urgent de reprendre ce débat pour faire avancer les choses. C’est l’immobilisme et le silence qui fait avancer l’Europe des nationalismes.

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